Confort intérieur : ce que le lambda ne mesure pas dans une maison en chanvre.
Les occupants d'une maison isolée en chanvre parlent rarement de kWh/m²/an.
Ils disent que la sensation de mur froid a disparu en hiver, que la température ne change plus d'une pièce à l'autre, que la maison garde sa fraîcheur quand il fait chaud dehors, qu’il ne fait plus jamais cru ou froid et humide...
Aucun de ces ressentis ne se lit dans le lambda de l'isolant. Elles correspondent pourtant à des phénomènes physiques précis, qu'on peut mesurer et donc prendre en compte dès la conception.
Trois paramètres qui se mesurent.
Le confort perçu dans un logement rénové dépend de l'équilibre entre trois paramètres :
• Température de l'air : entre 18 et 22 °C selon l'usage de la pièce.
• Humidité relative : entre 40 et 70 %. En dessous, l'air est sec et irritant. Au-dessus, le risque de condensation et de moisissures augmente.
• Écart entre l'air et les parois : moins de 3 °C. Au-delà, on ressent l'effet de paroi froide, même quand le thermostat affiche la bonne température.
Auxquels s’ajoutent :
- Qualité acoustique : une réverbération faible et un bon affaiblissement entre les espaces.
- Qualité de l'air intérieur : une faible concentration de composés organiques volatils (COV), un point particulièrement sensible en rénovation, où l'on ajoute de nombreux matériaux dans un volume existant.
Ces paramètres agissent les uns sur les autres. L'écart air/paroi en est le meilleur exemple. La température ressentie correspond à peu près à la moyenne entre la température de l'air et celle des parois. Une pièce chauffée à 21 °C avec des murs à 15 °C donne une sensation proche de 18 °C. Pour compenser, les occupants montent le chauffage, ce qui assèche l'air et fait baisser l'humidité relative.
Un bon R ne fait pas une pièce confortable.
C'est un écart qu'on retrouve souvent dans les prescriptions. Un isolant peut présenter une excellente résistance thermique et laisser les occupants dans une pièce humide, froide et inconfortable.
Le lambda indique combien de chaleur traverse la paroi. Il ne dit rien de ce qui se passe et se ressent réellement dans l’habitat.
Les réglementations thermiques sont pourtant toutes basées quasi uniquement sur ce seul critère.
Ce que le bloc de chanvre change dans la pièce.
Le bloc de chanvre agit sur plusieurs de ces paramètres à la fois, et pas seulement sur les déperditions.
- Côté humidité, c'est un matériau capillaire actif : il absorbe l'humidité en excès et la restitue quand l'air s'assèche. L'humidité relative de la pièce varie donc moins, sans système mécanique supplémentaire.
- Côté température ressentie, sa chaleur spécifique élevée ralentit les variations de température de la paroi. Le mur reste plus proche de la température de l'air, et l'effet de paroi froide diminue.
- Côté acoustique, le bloc de chanvre présente un coefficient d'absorption de 0,85. Cette valeur dépend de la finition : un enduit ferme en partie la porosité de surface, qui fait l'essentiel de l'absorption. C'est à garder en tête si l'acoustique est un critère du projet.
- Côté qualité de l'air, le bloc est classé A+ pour ses émissions de COV. Il ne contient ni additif pétrochimique ni liant de synthèse.
Concevoir pour le ressenti, pas seulement pour la conformité.
Tenir compte de ces cinq paramètres dès l'avant-projet permet d'anticiper ce que les occupants vivront vraiment dans le logement, au-delà de ce qu'exige la réglementation. La régulation hydrique de la paroi y tient une place centrale. Elle rejoint les questions abordées dans nos articles sur les matériaux perspirants et sur l'isolation par l'intérieur du bâti ancien.
Un logement conforme n'est pas forcément un logement confortable. Ce qui fait la différence ne se lit pas dans le lambda.
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