Météorologue star aux Pays-Bas, impliqué dans le développement durable, Gerrit Hiemstra a fait le choix d’une maison écologique en optant pour les blocs de chanvre Isohemp, associés à une architecture audacieuse. Située en Frise, en bord de rivière, la silhouette de sa maison de bois et de chanvre s’inspire d’un ancien chantier naval et détonne avec le classicisme du reste du village.

Le chanvre : un vrai piège à C02

Le météorologue explique l’origine de son choix, dans l’émission Op1 sur la NPO : « Une grande partie des émissions de CO2 vient de la manière dont on vit, des choix d’habitations que l’on fait. Rien que la production de ciment représente déjà 8% du total des émissions mondiales de CO2 ! » (Interview NPO) Le choix du matériau de construction est donc déterminant.

« Quand j'ai commencé ce projet, j'étais un profane dans le domaine de la construction durable. J'ai d'abord pensé à faire une maison en paille. Après m’être documenté, j’ai opté pour la solution chanvre-chaux » détaille Gerrit Hiemstra dans un article d’AD nieuws. « Ce matériau ne limite pas seulement la production de CO2, mais « retire » du CO2 de l’air, le capture pour le stocker à long terme. Et c’est cela qu’il faut faire à grande échelle » explique-t-il.

Un objectif climatique double

Gerrit Hiemstra présente la météo sur la chaîne néerlandaise NOS deux jours par semaine. Le reste du temps, il gère son projet Weather Impact, qui aide les agriculteurs africains à s'adapter à un climat différent. Il est donc aux prises au quotidien avec les enjeux climatiques sous toutes leurs formes.

Avec la construction de sa maison, le météorologue poursuit ainsi un double objectif lié au climat : un bâtiment respectueux de l’environnement à long terme, mais aussi, dans une vision plus pessimiste, une conception à l’épreuve des conséquences du réchauffement climatique. Construite sur une dalle qui protège des inondations si le niveau de la mer et des rivières venait à monter, la maison est aussi conçue pour protéger des grandes chaleurs. Les auvents du toit, recouvert de 54 panneaux solaires, créent ainsi de l'ombre. « Avec les étés chauds qui arrivent, le grand défi est de protéger la maison du soleil. »

 

Des concessions esthétiques

Si les choix sont résolument tournés vers l’environnement, quelques concessions ont tout de même été faites à l’esthétique : le choix de la couleur noire pour le bois et les grandes fenêtres latérales n’étaient pas idéales du point de vue énergie, avoue Gerrit, mais « construire une maison c’est toujours faire des compromis ».

 

Un confort particulier

En plus du côté écologique, le météorologue est séduit par le confort offert par le chanvre. « Le gros-œuvre d’une maison en béton donne toujours une impression de froideur. Ici, les blocs de chanvre procurent immédiatement un sentiment agréable. Les murs ont de bonnes propriétés acoustiques, ils ne résonnent pas. Les blocs sont enduits, mais ils laissent la vapeur s’échapper, ce qui leur permet de mieux respirer et d'absorber l'humidité. »

Bientôt une maison écologique pour tous ?

Gerrit est persuadé que la construction de maisons écologiques se généralisera bientôt, car les solutions sont là. Il ne reste plus qu’à faire le pas : "Je ne suis pas né avec ces convictions… mais il y a un certain point où il faut appuyer sur une sorte d’‘interrupteur mental’ pour changer son comportement"

Aux côtés des consommateurs, l’industrie de la construction joue également un rôle de premier plan. Le secteur doit s’adapter et assurer une production de masse de ce type de construction. « Une fois que les gens seront familiarisés avec ces nouvelles techniques, ce genre de maison ne sera plus tout l’exception, mais deviendra la règle » conclut le météorologue.

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